Interview inspiration – Lionel Aubriot

Lionel, fondateur et dirigeant de Kathaayatraa, centre de canyoning dans les Pyrénées atlantiques, s’est confié à l’Academy Adrenaline Hunter pour partager ses passions, son parcours et son modjo. On adore la philosophie de vie de ce passionné de canyoning. Une histoire inspirante qui donne envie de s’essayer aux canyons extrêmes de la région.

Lionel, avant de parler de ta discipline parle-nous un peu de toi.
D’où viens tu ?

Je me définis comme un citoyen du monde. Une maman bretonne, un papa lorrain , une naissance pas loin des barricades de Paris en 68, un parcours professionnel qui m’a amené à faire quasiment un tour de france, j’ai été étudiant à Paris en physique, moniteur de voile en Bretagne , marin pompier à Marseille, sapeur pompier dans les Pyrenées atlantiques et maintenant guide de canyon.

– Comment as-tu découvert le canyoning ?

Lorsque j’ai découvert le canyon je devais avoir dans les 20ans, je pratiquais déjà la spéléologie, mon premier canyon a dû être dans l’arrière pays niçois.

Depuis tu as toujours rêvé de devenir moniteur de canyon ?

Du tout, jeune pompier je révais plutôt de sauver le monde, voire l’univers. [rires]
Mon cursus de canyon dans le milieu fédèral m’a amené à cottoyer des professionnels et à partager leur passion.

– Tu descends des canyons depuis près de 25ans, qu’est ce qui te plait dans ce sport ?

Il y a 3 approches. La première est celle que je pratique avec un cercle restreint d’amis le canyoning  » extrême » où l’erreur n’est pas permise et où l’esprit de groupe, de connaissances des uns et des autres est primordial. La seconde est celle du partage de moments intenses , de dépassement de soi (c’est le type de canyons que je partage avec les clients sportifs) d’apprentissages de techniques. La troisième, un moment important dans cette activité est le côté environnemental que l’on a. La rencontre avec la faune qui peuple les canyons, la flore que l’on peut croiser, faire de la géologie pour expliquer notre présence en ce lieu, comprendre l’hydrogeologie qui a façonné le territoire que l’on pratique, c’est un moment important de la sortie. Puis, le partage de notre passion avec les autochtones.

Kathaayatraa, c’est un nom unique, d’où vient t-il ?

Une histoire humaine, un histoire de rencontres. Lors d’une expédition au Nepal en vallée de Marsianghuy un chef de village nous souhaitait, avant chaque depart en reconnaissance, « Kata yatra  » ce qui traduit et raccourci de nous souhaiter d’aller au bout et de réaliser nos rêves. C’est une rencontre qui m’a marqué et qui nous reflechir sur notre mode de vie, nous européens.

Tu fais d’autres sports ?

Oui, de la spéléologie, et quelques autres vtt, ski de rando, alpinisme, glace.

Parles- nous un peu de ton spot ? Pourquoi as-tu choisi cette région pour pratiquer le canyoning ?

La vallée d’ossau est le point de passage pour se rendre en Sierra et sur les canyons espagnols. Elle a une diversité phénomènale de canyons ( plus de 40 en 20 km) et de difficultés diverses. Pour moi il est important de diversifier les canyons proposés afin de ne pas rentrer dans une routine. Il y a aussi le coté communauté avec les autres guides de canyon. En fait, il n’y a pas de concurence entre nous. Nous partageons notre travail dans une ambiance conviviale (on en arrive à tirer au chifoumi devant les clients entre « concurrents » le canyon dans lequel on va aller). Il y a une entraide pour  tout ce qui est important.

Tu as du faire pas mal de descentes à travers le monde, quel a été ton spot préféré ?

J’ai été énormement marqué par mes passages au Nepal, mais mon spot préferé est celui que je vais découvrir à la prochaine expédition. Sur la vallée j’ai quand même un faible sur 2 canyons : le valentin (canyon aquatique très sportif) et le Bitet qui est une merveille pour les yeux mais qui reste très technique à descendre.

Que dirais tu aux voyageurs et locaux pour les inciter à s’essayer à ce sport ?

La pratique du canyon n’est pas si difficile. Bien encadré on peut se surpasser facilement, en se faisant un bon trip d’adrenaline. Il suffit d’être un petit peu sportif ( sportif régulier) et avoir des notions de marche en montagne.

Ton centre s’adresse à tout le monde du débutant à l’expérimenté. Que proposes-tu pour les plus aventureux ?

Il y a les canyons d’été (les niveaux noirs) où l’on va partager des moments intenses (et pas que sur des sauts). Il y a le canyon de nuit ( surprenant pour les sens) et aussi le free’ze canyon qui se fait en hiver avec des combinaisons totalement étanches et où le froid est oublié.

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